La crème hydratante vaginale est une excellente option pour les femmes qui souffrent de sécheresse dans la zone intime, car il existe sur le marché des produits qui soulagent les symptômes et traitent le problème. Pour en savoir plus sur le sujet, on a  parlé à la gynécologue Karina Tafner, qui a répondu à nos questions et précisé dans quelles situations son utilisation est indiquée.

La sécheresse vaginale n’est pas une fatalité

Quatre phénomènes peuvent perturber l’hydratation du vagin (mais aussi du vestibule et de la vulve !) et induire une sécheresse vaginale :

Une carence en œstrogènes. Après 50 ans, lors de la ménopause, et a fortiori après la ménopause, elle entraîne progressivement une atrophie de la vulve et du vagin. Ce peut être, aussi, la conséquence d’une radiothérapie anticancéreuse, d’une chimiothérapie, d’une hormonothérapie (par exemple les anti-aromatases) ou d’une chirurgie (ablation des ovaires).

De plus, l’atrophie vaginale est corrélée à l’inactivité sexuelle. Sous l’influence de l’excitation, la lubrification régulière (par le phénomène de transsudation) oxygène les cellules du vagin, du vestibule et de la vulve qui vieillissement, alors un peu moins vite.

Mais nous ne sommes pas toutes égales vis-à-vis de la progression de l’atrophie vaginale (terrain génétique, “surpoids” plutôt favorable). Anatomiquement, l’atrophie vaginale se traduit par une muqueuse plus lisse, une teinte rouge diffuse ou tachetée plus fragile, une diminution de la longueur, de la largeur et de l’élasticité du vagin, ainsi qu’une diminution des muqueuses de l’urètre et de la vessie. Parmi des femmes entre 45 et 75 ans, près de 40% rapportent des signes d’atrophie vaginale avec une sécheresse pour 55% d’entre elles, une dyspareunie (douleur lors des rapports) dans 44% et une irritation (37%), avec un impact sur leur sexualité pour 60%.

Un déséquilibre de la flore vaginale. Les causes ne sont pas formellement établies à ce jour. Le vagin est habité par des lactobacilles (10 millions de germes par millilitre de sécrétion vaginale). Des brûlures au moment de la pénétration vaginale, des phénomènes d’irritation et d’inflammation, un écoulement (leucorrhées) inhabituel doivent y faire penser.

Un vagin dont le pH devient alcalin ou très acide (dû à des infections, à un déséquilibre de la flore vaginale)

En revanche, les contraceptifs œstroprogestatifs (œstrogènes et progestérone) n’ont, selon la littérature scientifique, aucun impact sur l’hydratation et n’induisent pas une sécheresse vaginale. Au contraire, en théorie, l’ajout d’œstrogènes est bénéfique à l’hydratation vaginale. Attention à ne pas accabler la pilule, alors, que c’est en fait un manque d’excitation sexuelle!

Le vagin souffre de mauvaises habitudes

De 15 à 45 ans, bien des comportements peuvent, aussi, compromettre une hydratation vaginale de qualité. Un excès d’hygiène intime parfaitement contre-indiqué (pas de douches vaginales), le port de vêtements trop serrés, des interventions chirurgicales (épisiotomie), le post-partum (il faut 2 à 3 mois pour retrouver une hydratation normale) et toutes les infections bactériennes, parasitaires et mycosiques peuvent contribuer à la sécheresse vaginale.

Avant la ménopause, les conséquences d’un défaut d’hydratation sont un prurit (démangeaisons), des irritations vulvaires, une sensation d’inconfort, le tout induisant une dyspareunie (douleur lors des rapports sexuels), elle-même cause de baisse du désir sexuel par anticipation négative. Lorsque la situation perdure, une hypertonie du périnée peut apparaître (et donc des difficultés à le contracter). Le vagin doit être hydraté, et surtout en post -ménopause, sans oublier le vestibule et la vulve, souvent plus “déshydratés” que le vagin lui-même en cas d’inactivité génitale. Un entretien quasiment à vie.

Qu’est-ce qu’un lubrifiant par rapport à un produit hydratant ?

Le gel lubrifiant, formulé pour davantage de plaisir et de confort lors des rapports sexuels, est essentiel pour les nombreuses femmes, qui souffrent, à un moment dans leur vie, de sécheresse intime. Dans ce cas, il permet d’éviter les douleurs et de vivre une sexualité épanouie. Mais quel lubrifiant choisir face au vaste choix proposé ? Quelles sont les précautions à prendre ? Toutes nos réponses à vos questions !

Le lubrifiant intime : qu’est-ce que c’est ?

Le lubrifiant, aussi appelé “lubrifiant intime” ou “gel lubrifiant”, permet d’humidifier et d’hydrater les muqueuses intimes, afin d’éviter les frottements désagréables voire douloureux lors de la pénétration et d’améliorer le confort des partenaires, pendant la relation sexuelle.

Le lubrifiant est, le plus souvent, proposé sous forme de gel, à appliquer sur les parties intimes (sur le pénis ou sur le préservatif, à l’entrée du vagin ou de l’anus) ou sur le sextoy. Il peut, également, se présenter sous forme d’ovules ou de canules pour une action intravaginale des actifs.

Qu’est-ce qu’une crème hydratante vaginale et à quoi sert-elle ?

Les hydratants vaginaux sont indiqués pour les femmes qui souffrent de sécheresse vaginale chronique, accompagnée de douleurs et d’inconfort vulvaires quotidiens, tels que démangeaisons, brûlures et infections fréquentes. Selon le gynécologue, “l’hormone féminine (œstrogène) est responsable du maintien de la muqueuse vaginale. La sécheresse se produit par la réduction de cette hormone et peut se produire chez les femmes de tout âge”. Le traitement peut se faire à l’aide d’œstrogènes vaginaux topiques ou d’hydratants intimes non hormonaux.

Lubrifiant et hydratant vaginal

Selon Karina, le lubrifiant vaginal est un produit appliqué avant les rapports sexuels. Il facilite la pénétration et atténue la sensation de douleur et d’inconfort causée par la sécheresse de la région intime, en maintenant les parois vaginales lubrifiées, pendant l’acte. Par conséquent, le lubrifiant a un effet immédiat et doit être réappliqué après chaque rapport sexuel, tandis que les crèmes hydratantes vaginales ont un effet prolongé (jusqu’à 3 jours avec une seule application).

Les meilleures crèmes hydratantes vaginales

On a sélectionné les produits les plus couramment utilisés pour traiter les symptômes de la sécheresse vaginale.

1. Gel hydratant vaginal hyalufem

Le produit est exempt de parabènes, de dérivés du pétrole et d’hormones. Il a été mis au point pour hydrater et restaurer l’hydratation naturelle du vagin, offrant une hydratation jusqu’à 3 jours en une seule application.

2. Hidrafemme Gel Hydratant Intravaginal

Exempt d’hormones, cet hydratant vaginal peut être utilisé en continu, a une action de longue durée, restaure physiologiquement l’humidité et maintient le pH vaginal.

3. Gel hydratant externe Vagisil

Le produit a été développé pour soulager et rééquilibrer instantanément la sécheresse vaginale, laissant la région hydratée et avec une sensation de peau saine.

4. Gynofit Gel Vaginal Hydratant

Il soulage et diminue les symptômes associés à la sécheresse vaginale, en plus de protéger la muqueuse, d’apaiser et d’adoucir la région intime féminine.

5. Gel hydratant intravaginal Vagidrat

Il a une texture de gel et a été développé pour hydrater et restaurer l’humidité naturelle du vagin, en agissant directement sur les cellules sèches.

6. Gel hydratant intravaginal Vagisoft

Sa formule a été développée pour mettre fin à la sécheresse vaginale, y compris pendant la ménopause. Fournit une hydratation, restaure l’humidité et rééquilibre le pH vaginal.

7. Gel hydratant intravaginal Lubrinat

Le produit élimine les cellules épithéliales sèches et, utilisé régulièrement, rétablit l’hydratation naturelle du vagin. Il est indiqué pour les femmes souffrant de sécheresse vaginale, principalement pendant la ménopause, les traitements de chimiothérapie et les périodes de stress.

Il convient de souligner l’importance de consulter un gynécologue pour choisir le meilleur traitement, car, malgré leur appellation “hydratant”, certains produits ont des indications et des contre-indications d’utilisation qui doivent être indiquées par un médecin. Profitez-en pour en savoir plus sur la douche vaginale et consultez les conseils d’hygiène féminine intime.

Les différents types de lubrifiants intimes

Un lubrifiant est, alors, nécessaire pour permettre des rapports sexuels non douloureux et, en cas de sécheresse intime profonde, pour soulager un inconfort permanent.

Pour améliorer le confort, au moment du rapport sexuel ou en complément du préservatif, un lubrifiant classique, à base d’eau et de glycérine, suffit. Son action est, toutefois brève, car il s’évapore vite ; il faut, donc, réitérer les applications. Certains, à base de polyacrylamide, forment un film humectant et agissent plus longtemps. Pour pimenter sa sexualité, on peut choisir des formules aromatisées, à effet “chaud” ou “frisson”, ou des lubrifiants à base de silicone, réputés plus “glissants”. Attention au risque de sensibilisation ! Au moindre signe d’intolérance, il faut arrêter les applications.

Pour éviter un rapport douloureux ou gênant, mieux vaut opter pour un lubrifiant à base de gel d’aloé véra ou d’acide hyaluronique, des composants hydratants et apaisants. Les propriétés cicatrisantes de l’acide hyaluronique soulagent les sensations de brûlures, de picotements ou d’irritations vulvaires qui accompagnent une sécheresse vaginale occasionnelle. D’action plus prolongée que ceux à base d’eau, ce type de lubrifiant s’applique une à deux heures avant le rapport.

Pour traiter une sécheresse intime chronique, douloureuse même en dehors des rapports, on adopte un lubrifiant sous forme d’ovules ou avec applicateur pour une action intravaginale des actifs : de l’acide hyaluronique à forte concentration ou à libération prolongée, des polymères gorgés d’eau et capables de la restituer, et parfois des extraits de plantes anti-inflammatoires et cicatrisants. Leur durée d’action permet de les utiliser tous les deux ou trois jours seulement. Mais ils peuvent diminuer la mobilité des spermatozoïdes et affecter de façon transitoire la fertilité.

Quand le lubrifiant ne suffit pas

Parfois, les lubrifiants intimes ne suffisent pas à régler les problèmes de sécheresse vaginale. Dans ce cas, le mieux est, encore, de consulter son gynécologue, qui saura proposer une solution adaptée aux besoins et aux envies de chaque femme.

Car outre les traditionnels traitements hormonaux de la ménopause, qui apportent aux femmes les œstrogènes qu’elles ne fabriquent plus, il existe d’autres approches plus naturelles pour pallier durablement le problème.

Parmi elle, l’application d’œstrogènes de façon locale, sous forme de gélule ou de crème à insérer dans le vagin, est un traitement qui va assouplir de nouveau la muqueuse vaginale et favoriser la lubrification naturelle. Ce type de traitement s’applique sur la durée, trois fois par semaine pendant un mois par exemple, à renouveler si nécessaire.

Et pour celles qui ne veulent pas de traitement aux œstrogènes ou pour qui ça n’est pas recommandé (par exemple dans le cas d’un cancer du sein, guéri ou en cours de traitement), le gynécologue pourra proposer des infiltrations à l’acide hyaluronique, injectés dans la paroi vaginale sous anesthésie locale. « Cela va permettre de régénérer les fibres élastiques et les vaisseaux sanguins, et donc améliorer l’hydratation de la muqueuse vaginale ». Cette opération doit, cependant, être réitérée tous les 12 mois en moyenne.

Enfin, la technique du laser, déjà appliquée contre le vieillissement de la peau, pourrait se démocratiser dans les années à venir. Elle consiste à appliquer un laser aux parois vaginales, pour forcer le vagin à se remettre à fabriquer des fibres élastiques et donc, de l’eau pour la lubrification. Cette technique séduit de plus en plus, car elle est dépourvue d’hormones et s’avère complètement indolore.

Petit bémol : ces deux dernières techniques dépourvues d’hormones ne sont pas, encore, remboursées par la Sécurité sociale. Dans tous les cas, le lubrifiant intime reste la méthode efficace la plus simple pour aider à la pénétration lors des rapports sexuels.

Les informations contenues dans cette page ne sont données qu’à titre indicatif. Ils ne remplacent pas les conseils et le suivi des médecins, nutritionnistes, psychologues, professionnels de l’éducation physique et autres spécialistes.